L’ortie, une précieuse mauvaise herbe !

Qui ne s’est jamais piqué à une ortie ? Considérée de nos jours comme une mauvaise herbe, l’ortie est pourtant utilisée comme plante médicinale depuis l’Antiquité. Ses propriétés thérapeutiques sont en réalité très nombreuses ! Elle est entre autres dépurative, tonique, diurétique, antianémique, anti-asthmatique et hémostatique. En application externe, elle est astringente et répulsive. De plus, elle soulage les rhumatismes et l’arthrite. Elle est également réputée pour tonifier le cuir chevelu et aider à combattre la calvitie. Pas mal non, pour une mauvaise herbe ?


A la découverte de l’ortie

Du point de vue botanique

L’ortie appartient à la famille des urticacées, famille qui compte une trentaine d’espèces de plantes à feuilles velues. Onze espèces vivent en Europe, dont cinq en France.

Appelée aussi grande ortie, l’ortie dioïque est sans doute l’espèce d’ortie la plus répandue dans les régions tempérées du monde. Elle pousse en colonies dans les haies, les friches, en lisière des champs, de préférence sur les sols riches en azote.

L’ortie est bien connue pour ses tiges et ses feuilles couvertes de poils raides et urticants, qui se cassent au toucher et se logent dans la peau, provoquant une sensation de brûlure et de fortes démangeaisons. Son pouvoir urticant est dû à la présence d’histamine et d’acétylcholine. Son nom scientifique, Urtica dioica, vient d’ailleurs du mot latin « urere » qui signifie brûler. Et c’est bien ce qui donne sa spécificité à l’ortie !

Ne craignez rien, l’ortie pique moins lorsqu’elle est mouillée et ses poils urticants disparaissent complètement au séchage et à la cuisson.


Origine et histoire

L’ortie est connue pour ses vertus depuis l’Antiquité, les grecs et les romains s’en servaient notamment pour soigner l’arthrite, la tuberculose et la toux. On l’utilisait aussi à cette époque pour stimuler la pousse des cheveux. C’est également pendant l’Antiquité qu’est née la pratique de la flagellation thérapeutique avec les tiges des orties pour soulager les douleurs articulaires et les rhumatismes.

Dans la médecine traditionnelle indienne, l’ortie s’utilise en synergie avec d’autres plantes afin de traiter les saignements de nez, les hémorragies utérines ou encore l’eczéma et d’autres éruptions cutanées. Au Maroc, l’ortie sert à traiter l’hypertension tandis que les Amérindiens l’utilisent pour soulager les douleurs liées aux rhumatismes.

Outre ses vertus médicinales, l’ortie était utilisée jadis à toutes sortes de fins. Elle servait à fabriquer du papier, des tissus, des voiles, des cordages et des filets de pêcheurs. Autrefois, les paysans russes utilisaient ses racines, qui renferment une matière colorante jaune, et ses feuilles, qui donnent un colorant vert, pour teindre les lainages.

Il existe de multiples façons de l’utiliser. Jadis, on utilisait une décoction fermentée de feuilles, saturée en sel, pour faire cailler le lait. On fabriquait également une bière d’ortie très appréciée dans les campagnes. On peut même utiliser l’ortie en tant qu’engrais (purin d’ortie) dans les potagers et les jardins !


Les multiples propriétés de l’ortie

L’ortie est une véritable mine de micro-nutriments et de protéines !

  • Les feuilles d’orties contiennent énormément de sels minéraux : essentiellement du calcium, du fer, du magnésium, du cuivre, du phosphore, du potassium, de la silice, du zinc ainsi que de très grandes quantités de manganèse.
  • Les feuilles d’orties contiennent également beaucoup de vitamines : vitamine A (bêta-carotène), vitamine C et vitamines B1, B2 et B5.
  • Elles contiennent davantage de protéines que le soja (40% de leur poids sec !) et renferment les 8 acides aminés essentiels.
  • Enfin les feuilles d’orties possèdent une teneur importante en chlorophylle et en antioxydants (flavonoïdes et caroténoïdes).

L’ortie est une plante tonifiante et adaptogène qui améliore l’équilibre et les fonctions de l’organisme. Elle est idéale pour les personnes âgées, déminéralisées, les sportifs et après une maladie.


L’élimination par les reins

L’ortie est très diurétique, ce qui permet d’activer l’élimination des toxines par les reins, et d’améliorer au passage la santé de la prostate. L’ortie permettrait ainsi de prévenir l’apparition des calculs rénaux.


Les douleurs articulaires

En plus de ses propriétés diurétiques, l’ortie possède des vertus anti-inflammatoires et a donc une action sur le soulagement des douleurs articulaires. Traditionnellement, les feuilles d’ortie étaient appliquées fraîches sur les zones douloureuses. L’ortie soulagerait ainsi les douleurs de sciatique, de rhumatismes, d’arthrite et de goutte. Une synthèse de plusieurs essais cliniques a d’ailleurs mis en évidence en 2007 le lien entre la consommation d’ortie et le soulagement des douleurs liées à l’arthrose et à l’arthrite rhumatoïde (1).

De part sa richesse en minéraux, l’ortie nous aide également à prévenir l’ostéoporose, qui est une diminution de la densité osseuse.


La digestion

Les propriétés anti-inflammatoires des orties sont non seulement bonnes pour les problèmes articulaires, mais aussi pour les problèmes digestifs tels que les alternances de constipation et de diarrhée et les maux de ventre en général. De plus, l’ortie aide notre organisme à réguler notre flore intestinale et à nous débarrasser des parasites, en favorisant la croissance des bonnes bactéries. Enfin, l’infusion d’ortie est conseillée pour aider le foie et la vésicule biliaire à mieux fonctionner.


Les défenses immunitaires

L’ortie est très concentrée en anti-oxydants et en vitamine C, ce qui lui permet de nous aider à lutter contre le stress oxydatif, source de maladies chroniques. Cela constitue une aide précieuse à ajouter à nos ressources pour soutenir notre système immunitaire, son action sur la flore intestinale étant un atout supplémentaire.


Le rhume des foins

Les feuilles d’ortie étaient aussi traditionnellement utilisées pour soulager le rhume des foins. Aussi étonnant que cela puisse l’être, les composés irritants retrouvés dans les feuilles agissent également comme anti-histaminiques lorsqu’ils sont consommés dans une infusion ! Une étude de 1990 a d’ailleurs mis cette action en évidence (2). A noter, un gargarisme fait avec une infusion d’ortie peut soulager les maux de gorge.


Les problèmes cardiovasculaires

D’autre part, il a été démontré qu’il existe une corrélation entre la consommation régulière d’infusion d’ortie et une tension artérielle plus basse. En fait ce seraient les propriétés anti-inflammatoires des feuilles d’ortie combinées à leur forte concentration de potassium qui aideraient à diminuer la tension artérielle. Cela peut contribuer à abaisser les risques cardio-vasculaires en favorisant une bonne circulation sanguine et une bonne oxygénation de l’organisme.


Les problèmes de peau et de cheveux

Une simple infusion d’ortie en spray ou en compresse est bonne pour nettoyer la peau, surtout en cas d’acné, d’eczéma ou d’irritation. La tisane d’ortie peut même soulager les piqures d’insectes !

Depuis l’antiquité, l’ortie est utilisée pour favoriser la repousse des cheveux. Les shampoings aux extraits d’ortie aident à lutter contre la séborrhée, la formation de pellicules et la calvitie.


Comment utiliser l’ortie ?

On peut la récolter du mois d’avril au mois d’août. Il faut faire attention à la cueillir uniquement dans des endroits sûrs c’est à dire propres et sans pesticides. L’idéal est de consacrer une petite zone de son jardin pour en laisser pousser quelques pieds ! Il faut bien sûr mettre des gants pour les cueillir, couper les extrémités portant les plus jeunes feuilles et les faire tomber dans un panier. On peut utiliser des pinces et des ciseaux pour les manipuler ensuite en cuisine. Personnellement j’utilise une pince à cornichons !


Les compléments alimentaires

On peut consommer l’ortie sous forme de complément alimentaire de racines ou de feuilles : comprimés, extrait solide en capsules ou encore extrait fluide. Mais avouez que cela serait dommage d’acheter ce type de produits, certes efficaces, si vous disposez d’orties chez vous !


Les décoctions et infusions

Il est possible de consommer des décoctions de racines : pour cela il faut mettre dans une petite casserole 10 grammes de racines avec 1 litre d’eau froide, porter le mélange à ébullition et le faire bouillir pendant une minute. Il faut ensuite laisser reposer la décoction 10 minutes et en consommer un petit verre 3 à 4 fois par jour. Les racines d’orties sont plutôt indiquées pour soulager l’inconfort urinaire et améliorer la santé de la prostate.

Les fleurs et les feuilles fraîches ou séchées sont, quant à elles, à utiliser en infusion. Pour cela on utilise entre deux et cinq grammes de feuilles d’ortie qu’on laisse infuser dix à quinze minutes dans de l’eau bouillante. Cette infusion peut être consommée jusqu’à trois fois par jour.


En cataplasmes

On peut également utiliser les feuilles fraîches d’ortie en cataplasme, directement sur la peau ! En pratique on applique les feuilles environ trente secondes sur les zones du corps sujettes aux douleurs arthritiques ou aux rhumatismes.


Dans notre alimentation quotidienne

On peut aussi consommer du jus d’ortie ! Il suffit d’ajouter quelques jeunes feuilles d’orties à nos jus de légumes maison, préparés avec un extracteur, ou encore à nos smoothies.

Les feuilles cuites se déclinent en soupes, soufflés, gratins, tartes, omelettes… La soupe d’ortie a d’ailleurs une saveur très typée ! A déguster au sortir de l’hiver pour mettre à profit ses vertus toniques et dépuratives.


Comme vous le voyez, l’ortie n’a vraiment rien d’une « mauvaise herbe » ! Bien au contraire, ses vertus sont très nombreux et très précieux.

Pour résumer, l’ortie est donc utile en cas de :

  • Calculs rénaux
  • Problèmes urinaires et prostatiques
  • Douleurs articulaires, rhumatismes, arthrite, arthrose, sciatique, goutte
  • Problèmes de transit et de dysbiose intestinale
  • Défenses immunitaires faibles
  • Rhume des foins
  • Hypertension artérielle
  • Acné, eczéma, chutes de cheveux

Sources

  1. A comprehensive review on nettle effect and efficacy profiles, Part I: herba urticae. Chrubasik JE, Roufogalis BD, et al. Phytomedicine. 2007.
  2. Randomized, double-blind study of freeze-dried Urtica dioica in the treatment of allergic rhinitis. Mittman P. 1990.

Auteur : Emmanuelle Grenon

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